Baptiste HESCHUNG

Photographies, dessins et petits mots...

Navire abandonné de Landévennec

Les navires fantôme de Landevennec [3]

Brest
Escapades
Hors série


Derrière moi se trouve une autre salle. Plongée dans le noir.
J’accroche solidement le fil d’Ariane à une barre métallique qui n’est pas prête de casser.

Fin de “Les navires fantômes de Landévennec, partie 2”

J’avais ma lampe frontale d’allumée. Les faisceaux des lampes été tels des laser, qui perçaient l’obscurité de cette salle.
J’ai fais le tour des trois ou quatre salles qui étaient sur le même pont que la passerelle

Je décide d’aller plus en profondeur, au pont inférieur.
Je n’y trouve pas grand chose d’intéressant : Les toilettes, vestiaires, une salle radio et une salle où l’on voit encore sur la porte une plaque où les mots “Accès réglementé” sont gravés en blanc sur fond rouge. Il s’y trouve les écrans radar.
On est très loin de la technologie d’aujourd’hui, mais c’est ce qu’il me plaît.
J’y trouve également un calendrier datant de mon année de naissance punaisé sur un tableau de liège, lui-même fixé sur un mur froid d’acier. Je n’avais que vingt deux ans à l’époque de ce photo/reportage. Je vous avouerai que cela fait bizarre de voir sa date de naissance sur ce qui semble être le dernier calendrier qu’ait connu ce navire !

Toujours ma lampe allumée, déroulant mon fil d’Ariane, je descends encore d’un pont.
J’erre dans les longues coursives où règne cette odeur de graisse typique des navires de guerre. Je me souviens encore quand j’allais sur les bateaux où mon père travaillait.
Mais pour le coup, là il fait noir, vraiment noir.

J’entre dans une pièce située sur ma gauche. Il s’agit du mess.

Les tables sont encore présentes. Certaines autres pièces de mobilier le sont également dont un miroir joliment orné, mais recouvert de poussière. Ce miroir se trouve derrière moi
Je ne vous raconte pas le frisson qui m’a parcouru en me retournant !

Je quitte ce local et me retrouve de nouveau dans ces interminable coursives, où comme seule ambiance, ce léger sifflement dû au vent qui pénètre par de petits orifices dans la structure du bâtiment. J’entends aussi l’eau qui coule, une goutte après l’autre, certainement à cause de la pluie diluvienne qui s’est abattue quelques instants plus tôt.

Je rencontre une situation digne d’un film d’horreur: plongé dans le noir avec pour seul visibilité mes lampes, des bruits inquiétants, la solitude et le caractère abandonné du lieu.
Mais encore une fois, c’est ce que j’aime lors de ces aventures quelques peu insolites me direz-vous !

L’odeur de graisse est de plus en plus présente. Ce n’est pas étonnant: je me tourne sur la droite et vois une porte au sol qui mène à une échelle d’environ six mètres. Au-dessus il est inscrit à la bombe rouge fluo “MACHINES” avec une flèche indiquant le bas.

Je réfléchis une seconde, je regarde depuis combien de temps je suis ici. Le soleil ne tardera plus à se coucher. Les jours rétrécissent en ce moment. Mais il me reste assez de batterie sur mes lampes et sur mon appareil photo.

Je décide donc de descendre. Après je rebrousserai mon chemin jusqu’à la passerelle.
Je m’assure à un solide point d’ancrage avant de descendre car je ne connais pas l’état des barreaux de cette échelle.

J’accroche mon sac à l’aide d’un mousqueton avec une cordelette d’une cinquantaine de centimètres.

Une fois en bas, le sol est recouvert d’une tôle type grain de riz rouillée par endroit. La prudence est de mise.

L’air est plus étouffant avec ces odeurs d’hydrocarbures. Il faut aussi noter qu’il y fait beaucoup plus chaud: je suis effectivement sous la ligne de flottaison.

Enfin tout ça pour dire que je ne m’attarderai pas dans cet endroit confiné, entre vannes, tableaux électriques et tuyaux recouvert d’une épaisse couche de graisse et de saleté. Je décide de remonter après quelques clichés.

[ à suivre … ]
Lien: Les navires fantômes, partie 2
Lien: Les navires fantômes, partie 4

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