Baptiste HESCHUNG

Photographies, dessins et petits mots...

Un autre monde

Balades
Brest

C’est l’un de mes endroits préférés lorsque j’habitais encore en Bretagne.
Bien qu’à une bonne heure de route de Brest, les Monts d’Arrée m’ont toujours fascinés.

Un arbre mort qui subit les aléas du temps. En arrière plan, le lac artificiel “réservoir” Saint-Michel.

Un paysage lunaire, des rochers et de la végétation et rase et sèche.
Au point culminant du Mont-Saint-Michel de Braspart, se dresse une petite chapelle du même nom. Visible des kilomètres à la ronde, elle veille sur ce monde désertique.

« Nous grimpions jusqu’au sommet de ce mont. Sous un ciel chargé, la végétation sèche craquait sous nos pieds. Nous voulions à tout prix atteindre cette petite chapelle datant du XVIIème siècle, avant l’orage qui s’annonçait »

Un monde où tout se ressemble. Où l’on marche des heures en ayant l’impression de ne pas avoir avancé. Un monde où l’on peut le dire : Il n’y a rien.
Enfin si, un lac. Un lac artificiel, qui porte d’ailleurs le poétique nom de ‘Réservoir’ Saint-Michel.

Mais ce joli plan d’eau tout droit sorti de nulle part, n’est pas là que pour faire allure de carte postale.

Bien qu’il y ai une petite école de voile ou que ce soit un paradis pour les pêcheurs amateurs, il sert d’abord à la production d’électricité !

En effet, non loin se trouve une ancienne centrale nucléaire expérimentale qui a fonctionné pendant dix-huit ans, jusqu’à son arrêt définitif en 1985. C’est aussi la première la première centrale à entamer un programme de démantèlement en France.

« Plusieurs rangées de grillages et barbelés, des vieux lampadaires et des caméras qui scrutaient, on se serait cru devant un complexe ultra secret. »

Dans un premier temps, l’un des premiers réacteurs nucléaire en France fonctionnant à l’eau lourde N°4, EL4 pour les intimes.
Vous l’aurez compris, on était plus sur de l’expérimentation que de la véritable production.
C’est aussi la première centrale de France dont on a envisagé le démantèlement.
Chantier référencé sous un joli et doux nom de ” Installation nucléaire de base n°162 “.

Flippant quand même.

On dirait le nom d’une installation secrète de la guerre froide.
Aujourd’hui inactive elle est toujours en cours de démantèlement, le plus dangereux a été retiré mais attention : elle n’en demeure pas moins surveillée.

« Quand c’est du nucléaire, qu’il soit civil ou militaire, la sécurité a toujours de quoi vous tenir à l’écart !»

Mais dans ce monde lunaire on n’a pas pour autant dit stop à l’électricité.
Le « Réservoir » qui servait autrefois au refroidissement des tours, est maintenant attenant à une centrale électrique, ce coup-ci, hydraulique.

Les deux centrales sont toutes proches, distante de moins d’un kilomètre

« Des câbles par milliers, une sécurité toujours renforcée, on entendais le bourdonnement typique du 50Hz de la fréquence électrique. D’ailleurs, c’est tout ce qu’on entendait. Drôle de moment pour dire cela, mais j’adorais. »

Mais ce relief au plein cœur du Finistère, voir même de la Bretagne, un endroit relativement «plat» a permis également l’installation de la plus haute antenne de radio diffusion du coin, sur le Roc’h Trédudon. Une antenne FM, hertzienne puis numérique de plus de deux-cents mètre de haut.

Cette petite “story” était parfaitement improvisée et une prochaine devrait voir le jour, quand je retournerai dans le coin.
Il y a énormément à dire, à montrer et à partager dans ce vaste coin qu’est le Massif Armoricain !